Une vie sociale dans l'entreprise

En République tchèque, le travail constitue un acte normal de la vie sociale, où chacun exprime sa propre personnalité. Les Tchèques s'habillent de manière moins formelle pour aller au travail que pour sortir au restaurant ou au théatre, y compris les cadres. Les anniversaires et les fêtes sont célébrés et arrosés dans les locaux professionnels, pendant les heures de travail.

Un travail en groupe, mais sans esprit de coopération entre ses membres

Le travail en équipe est courant en République tchèque. Il est même très fréquent de voir travailler les individus en paire : tour à tour, le premier effectue sa tâche tandis que le second observe, contrôle, commente ou se repose. Cette habitude de travailler ensemble ne débouche cependant pas sur une réelle coopération. Les échanges de services et d’informations existent au sein des réseaux familiaux et des cercles d'amis, mais au travail, les Tchèques éprouvent une certaine méfiance vis-à-vis de leurs collègues.

Le formalisme des relations professionnelles

La plupart des personnes qui ne se connaissent pas ou ne se fréquentent pas agiront de manière formelle dans les les relations de travail : vouvoiement, respect des titres (docteur, ingénieur, etc.), respect de la hiérarchie, etc. Cependant, lorsque les personnes se connaissent, les individus de tous rangs se tutoient et deviennent très familiers.

Des habitudes de non-travail héritées du passé

Sous le communisme, les qualificatifs les plus courants pour désigner le monde du travail étaient l'austérité, le manque de libertés, le stakhanovisme et le dévouement à la cause communiste. Ces clichés sont loin d'être justifiés. Il régnait au contraire une sorte de " Contrat social " dans les entreprises qui garantissait la sécurité de l'emploi, la paix sociale, des cadences de travail faibles, ainsi qu'une multitude de services et de prestations gratuites. Du fait de leur indifférence vis-à-vis des buts politiques, d'une promotion qui résultait moins de leurs performances que de tractations au sein du Parti et de rémunérations égalitaires incitant peu à l'effort, les travailleurs faisaient preuve d'une démotivation générale, voire d'un laxisme et même d'une tendance à tricher dans l'accomplissement de leurs obligations.

Encore aujourd'hui, l'organisation des firmes tchèques repose sur un certain nombre de normes et de consensus informels qui s'opposent à un travail à cadence élevée. Dans l'ensemble, les travailleurs passent une partie de leur temps de travail à des activités productives. Certains jours perdus le sont à cause d'un management et d'une planification inadéquats laissant les travailleurs sans indication sur le travail à réaliser. Le reste est imputable aux pannes et aux blocages informatiques, aux lacunes de la communication, à un manque de compétence ou à une volonté délibérée de ne pas travailler. L'absentéisme, surtout féminin, est implicitement toléré par les dirigeants d'entreprises. Son niveau élevé n'est pas sans relation avec le fait que les salariés absents sont payés par l'État, sans délai de carence. Les certificats médicaux s'obtiennent facilement auprès de médecins, qui trouvent un avantage à dispenser ce type de consultations, notamment en termes de gain de temps et de " pourboires ".

La nouvelle organisation du travail

La plupart des entreprises fonctionnent en journée continue, c'est-à-dire sans pause réelle le midi. En règle générale, les employés embauchent le matin à partir de sept ou huit heures, de manière à ne pas débaucher après quinze heures ou dix-sept heures, et donc préserver l'essentiel, c'est-à-dire la vie de famille.

Si les conditions matérielles de travail sont assez difficiles au regard des standards occidentaux, la main-d'œuvre y est habituée et jouit d'un climat professionnel et psychologique favorable. L'entreprise tchèque reste relativement épargnée par les problèmes du travail moderne que sont la peur du licenciement, le stress, la pression des objectifs, les conflits, le mobbing, la discrimination, le harcèlement sexuel, etc.

Les employés disposent d'une certaine autonomie dans la conduite de leur travail. Parfois, le travail administratif consiste autant à effectuer une tâche précise qu'à converser avec ses amis ou à feuilleter le journal. Dans les entreprises, les membres du personnel communiquent, se divertissent et travaillent en définitive peu, en comparaison aux quarante heures de présence hebdomadaire obligatoire.

Cependant, le développement des horaires flexibles, des exigences de polyvalence et de disponibilité et les réformes en général ont pour effet de durcir le rythme de travail et constituent des changements ressentis de manière douloureuse par les travailleurs.

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